La chute de Klaus Schwab fondateur du forum Davos :
François Meylan
Des accusations à peine croyables conduisent à une enquête contre le désormais ex-président du WEF de Davos, Klaus Schwab, 87 ans. Ce qui s'est joué en coulisses à Pâques a tout l'air d'une révolution de palais. Le Forum économique mondial a confirmé mercredi avoir ouvert une enquête contre son fondateur Klaus Schwab, après des allégations portées contre lui dans une lettre anonyme, qui ont précipité sa démission.
A l'origine de la fin de carrière abrupte de Klaus Schwab - 55 ans au WEF – il y a donc un lanceur d'alerte anonyme. Il porte des accusations graves. Ce n'est pas directement lui qui a poussé Schwab à démissionner le dimanche de Pâques, mais la réaction du conseil de fondation face à ces reproches.
Mais reprenons depuis le début. Tôt le lundi de Pâques, le Forum économique mondial a annoncé à la surprise générale le départ de son fondateur. Il s'est exprimé:
«Suite à ma récente annonce et alors que j'entre dans ma 88ᵉ année, j'ai décidé de démissionner avec effet immédiat de mes postes de président et de membre du conseil de fondation.» Le communiqué précisait en outre que lors d'une réunion extraordinaire de ce même conseil le 20 avril, il avait été pris acte de ce départ. On y remerciait ensuite la figure du WEF. Ce retrait abrupt ne s'explique pas vraiment à ce stade. Et il a de quoi surprendre, car jusqu'à présent, il était question de régler la succession de Schwab d'ici début 2027. Les spéculations ont rapidement pris de l'ampleur. Les médias nationaux et internationaux se sont demandés s'il fallait y voir un lien avec une enquête en cours aux Etats-Unis. Elle porte sur des accusations de discrimination de la part de collaboratrices. Cela a abouti à la mise en place d'une commission spéciale. Son entourage a, par ailleurs, avoué une perte de motivation dans un environnement en profonde mutation, radicalisé et empreint de populisme trumpiste. Cela n'a toutefois pas suffi à expliquer tant de précipitation et, de surcroît, un dimanche de Pâques. Le Wall Street Journal, qui avait déjà révélé l'affaire de discrimination, a eu le fin mot de l'histoire mardi. Ainsi, Schwab a jeté l'éponge après que le conseil de fondation a décidé, contre sa volonté, d'enquêter sur les accusations d'un lanceur d'alertes. Elles semblent si rocambolesques qu'il est presque impossible d'imaginer qu'elles concernent Klaus Schwab, et son attitude toujours si correcte:
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